La forteresse médiévale de Crozant

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Le site de Crozant, la Creuse et son affluent la Sédelle

L’éperon rocheux inscrit entre la Creuse et un affluent la Sédelle a été occupé depuis l’époque préhistorique. Et une forteresse semble y avoir été édifiée entre 997 et 1018. Mais c’est au 13 siècle que le château-fort prendra la forme que nous lui connaissons aujourd’hui….

Une des tours subsistantes porte d’ailleurs le nom d’Isabelle d’Angoulême. Elle était veuve de Jean sans Terre épouse de Hugues 10 de Lusignan et l’aurait fait construire au 12 siècle. Et, les capitaines du lieu sont des Foucauld, seigneurs de Saint-Germain-Beaupré.

Dans son ouvrage sur l’histoire du comté de la Marche Joullietton rapporte que le château de Crozant aurait été pris par les catholiques en 1588 ce qui aurait occasionné la ruine d’une tour. A partir de 1606, le château paraît déjà servir de carrière aux habitants des alentours. Un procès-verbal de 1640 établi par l’intendant du roi à Moulins le Voyer d’Argenson constate que l’ensemble féodal est en triste état. Les vestiges de la place forte qui appartiennent à la Couronne depuis la confiscation des biens du connétable de Bourbon en 1527 sont alors acquises par Gabriel Foucauld de Saint-Germain Beaupré gouverneur de la Marche.

Les ruines de la citadelle médiévale de Crozant

Les ruines de la citadelle couvrent une bonne partie de l’éperon rocheux avec plusieurs enceintes successives. Un donjon carré du 15 siècle et deux tours 13 siècle. auxquels s’ajoutent une chapelle et la « tour de l’eau » qui permettait d’aller chercher l’eau à la rivière. George Sand visita le site de Crozant en compagnie de Chopin à l’issue d’un périple difficile dans des routes qui n’en étaient pas.

À l’issue de longues négociations conduites par le maire de Crozant Jean Parlebas, ces ruines ont été acquises il y a quelques années par la commune. Un important programme de réhabilitation a été entrepris grâce à des financements de l’État et du conseil régional. Mais aussi, du conseil général et de la commune en vue de la réouverture du site au public au terme des travaux.

Une bande dessinée Les Aigles décapitées raconte l’histoire imaginaire de Hugues seigneur de Crozenc. Le premier tome figure un dessin du château qui est une belle et plausible reconstitution si ce n’est qu’il a été dessiné inversé (gauche/droite) par rapport à la réalité.

Le Rocher des fileuses :

Les pierres des murs font écho à celles des parois rocheuses de la vallée et disent les légendes des lieux. Celle du Rocher des fileuses où chaque année se déroulait un concours entre les jeunes villageoises. La plus habile devant filer son brin de laine de telle sorte qu’il touchât l’eau le premier 80 mètres plus bas. Celle encore du diable qui a construit en une nuit le Pont Charraud à la suite du pacte établi avec un homme qui n’a pas voulu être le premier fagot qu’il aurait lié le matin, il est venu au rendez-vous tout nu.

À partir du 19 siècle, le site de Crozant inspire de nombreux peintres

Armand Guillaumin, qui a eu la chance de gagner le gros lot de la Loterie nationale (1891) est désormais débarrassé de tout souci matériel et peut se consacrer entièrement à la peinture. En 1893, il choisit Crozant comme résidence de prédilection. D’autres peintres l’ont précédé tel Paul Castans (1823-1892) d’autres vont suivre leur exemple. Ils donneront naissance à « l’École de Crozant« . Un école « sans maître », qui n’est rien d’autre qu’une commode appellation imaginée ultérieurement pour désigner tous ceux qui ont trouvé l’inspiration sur les rives de la Creuse.

Parmi eux, Ernest Josephson (1851-1906), Pierre Ballue (1855-1928), Fernand Maillaud (1862-1948), Paul Madeline, Clémentine Ballot (1880-1924), la dynastie des Leloir et plus particulièrement Maurice Leloir (1853-1940), le Suédois Walter Oetten (1897-1972), Solange Christauflour (1900-1953), etc. L’abbé Laurent Guétal y fait la connaissance en 1855 d’un autre peintre, Ernest Victor Hareux. Non loin de l’église de Crozant, se trouve un buste en bronze de Guillaumin.

La production d’électricité :

En 1926, une autre histoire commence pour les bords de Creuse qui vont être noyés pour cause de production d’électricité par les eaux de la plus grande retenue d’Europe à l’époque, le barrage d’Éguzon. Le nouveau pôle d’attraction touristique est désormais le lac de Chambon du nom du hameau d’une commune riveraine (Éguzon) du nouveau lac. Si les gorges profondes perdent alors une partie de leur caractère sauvage qui plaisait tant aux peintres on y gagne une baignade et des pédalos à la plage de Fougères. Crozant est parée pour 1936 et les congés payés.

Durant la guerre, le pont séparant la Creuse du département de l’Indre à Crozant est dynamité. Un bac sera installé en attendant la construction du nouveau pont. Aujourd’hui, lorsque le barrage est vidé on peut encore voir une pile du vieux pont tristement couchée sur le flanc.

Depuis 2013 le Centre d’Interprétation du Patrimoine Guillaumin et les Peintres de la Vallée de la Creuse a ouvert ses portes dans l’ancien hôtel Lépinat auberge qui a marquée dans la vie des nombreux peintres venus s’inspirer des paysages de Crozant.

Wikipédia

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